Il y a quelques semaines, j'ai délaissé mon écran avec bonheur pour rejoindre un
stage de laque pendant 5 jours.
Il est long le chemin de la laque
! Parfois parsemé de doutes, de découragements dans la solitude de son atelier.
Pas facile de travailler seule quand on débute.
Alors, il y a les stages. Des
respirations, des inspirations, nos petites pendules que l'on remet à l'heure,
un plein d'énergie pour toujours continuer. Les stages, que du bonheur !
Un stage oui, mais pas n'importe
lequel, un stage avec Isabelle Emmerique, artiste laqueur et Maître d'art, qui
reçoit une dizaine d'entre nous dans son atelier de Colombes. Isabelle dispense
avec une grande simplicité et une grande générosité son savoir-faire, son
expérience, teintés d'exigence, de passion, sans oublier l'humour. Pendant ces
quelques jours à son contact, on a toujours l'impression que la laque est un
"possible", le voyage ne nous est pas interdit, même s'il est ardu ! Quelques-unes
de ces œuvres aux murs de l'atelier nous en indiquent le chemin. Nous en
mesurons la distance. Mais la bienveillance est là et Isabelle est un passeur….
(Je devrais écrire "passeuse" mais le mot
sonne moins bien à mes oreilles !)
Et puis, il y a les copines.
Celles avec qui nous allons à ce stage, les copines que nous retrouvons de
stage en stage, et les nouvelles copines. Et toujours le fil que tisse ces
rencontres ; la laque. Pour certaines une découverte, pour d'autres un
perfectionnement. Certaines sont des artistes confirmées, d'autres n'ont aucune
formation artistique. Il y a là, des jeunes, des moins jeunes, des moins
moins jeunes, mais la plupart avec la conscience aiguë que ces quelques jours
vont compter, qu'une porte va s'ouvrir vers un impérieux voyage.
Le décor est planté ? Pas tout à
fait, qu'allons-nous apprendre pendant ces quelques jours ? Nous allons
travailler simultanément sur deux panneaux. Le premier a une forme d'éventail,
le second est rectangulaire (50 cm x 18), ces deux supports ont été
préalablement apprêtés, colorés et vernis. Le thème de ce stage était le cycle
de la nature, soit les 4 saisons. Après quelques recherches nous avons composé
et reporté sur chacun des panneaux notre dessin. Les éléments des décors sont
traités en posant de la feuille d'or, (or rouge, or jaune, or vert, paladium)
des jeux de cache, des poudres fines bronze ou aluminium, des aventurines
(poudres de métal).
En dernier lieu, les repiqués qui
consistent à redessiner, souligner ou séparer les motifs par un trait, le plus
fin possible. Ce trait se fait en deux temps : d'abord au pinceau chargé de
peinture à l'huile rouge mélangée à du vernis. Une fois le degré de séchage
convenable, on y applique de l'or en feuille. Exercice périlleux vous
l'imaginez ! Deux difficultés : tracer correctement son trait et bien estimer
le temps de séchage de la matière. Ce travail ne se fait pas sans quelques
exercices, évoqués lors d'un précédent billet et dans l'atelier, pas un bruit, si ce n'est
quelques bruyantes expirations ; certaines retiennent leur souffle ! Nous
terminons par le repiqué noir, un trait noir, sans pose d'or. Et voilà nos
panneaux qu'il ne reste plus qu'à vernir.
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Panneau après la pose du 1er vernis |
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Panneau après la pose du 1er vernis |
Cerise sur le gâteau, Sasai Fumie, artiste laqueuse japonaise, en France dans le cadre d'une exposition de
ses œuvres à la Galerie MIZEN invitée par
Isabelle, a passé un moment avec nous, commentant nos travaux avec gentillesse
et simplicité. Exceptionnel moment d'échanges.
Bel univers que le monde de laque
! Et pour le découvrir :
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